Archives pourseptembre, 2004

Austerloo

Retour express à Lyon pour la fameuse Soutenance de mon putain-de-rapport-de-stage lundi.
Ce qui était prévu: déjeuner avec deux amis, soutenance qui se passe bien, sortie à 16h, dans le tgv à 18 et au lit à 23.

Ce qui s’est passé: apéro+ déjeuner avec deux amis, une bouteille de rouge, soutenance qui se passe bien, sortie à 16h, courses chez Nicolas, pistaches, 20 personnes à « diner », bouche à oreilles, 50 personnes dans le salon,  musique à fond, 2 paquets de clopes volatilisés, une quatrième bouteille de pastis, ého mon verre!, projets de vacances, pilotage automatique, partie débile de caps, tiens? qu’est-ce que je fais sur les genoux de ce monsieur?, trou noir.

Réveillée à 4h en sursaut, couchée dans « mon » lit (enfin celui qui était prévu à 17h30 quand je me suis assise sur mes principes de sobriété) seule et toute habillée (ouff). Aucun souvenir de la fin de soirée, une migraine carabinée, mon ventre ayant une vie propre et ma veste de tailleur bien rangée sur sa chaise. Impossible de me lever, mes jambes refusent de bouger de toute manière, mais j’arrive à choper LA bouteille d’eau dans mon sac. Re-douleurs sur le moment puis rendormissement paisible.

6h15. Un coq chante. C’est mon putain de réveil de mon putain de portable. L’équilibre est un peu moins approximatif, les préparatifs rapides et me voici dehors.

6h30. Place des Terreaux. Toute cette activité me fatigue. Entre les voitures lave-trottoirs, les lave-chaussée, les lave-caniveaux et les jets d’eau partout je manque de me faire asperger une bonne dizaine de fois. Passage devant la Boulangerie, impossible de savoir si mon ventre crie famine ou demande grâce.

7h15. Assise dans le tgv. Je fais tache au milieu de ces hommes en costard, portables allumés, sentant bon l’aftershave et le pétrole hann. Vautrée dans mon siège, blafarde et tremblottante, je prie pour que mon connard de voisin arrête de jouer avec les sonneries de son téléphone, il n’a pas l’air de comprendre mes grognements désapprobateurs. J’hésite aussi à aller faire un tour dans la voiture bar, je ne suis pas sure qu’ils vendent de la bière aussi tôt. Alleluia je m’endors 10 minutes avant le passage des contrôleurs.

9h30 Arrivée au bureau. Triple-café + coca light

10h55. Moi faire la fête? jamais!

On ne s’enflamme pas!!

15h00-16h00: je stresse devant mon bureau, rien à faire
16h00: je vais aux toilettes et sur le chemin paf! alpaguée pour résoudre un problème hyper-méga-urgent.Merde!!
16h10: ouf! c’était moins grave que prévu!! je file, je vole, y a pas moyen que je m’arrête,mon téléphone sonne, m’en fous je suis déjà partie
16h25: arrivée, juste un peu en avance. Je sonne. Oh la vache! une immense baie vitrée devant un jardin d’hiver en plein Paris. Waowww
16h35: je suis dans un premier bureau, vide, avec un questionnaire devant moi. Facile, je connais mes noms, prénoms et adresse. Le stress redescent, c’est sur ça va bien se passer…
16h45: on me change de bureau, toujours aussi vide. Bon, nouveau formulaire mais beaucoup moins facile avec des questions du genre: »Avez déjà du dire NON? Comment l’avez-vous vécu? »
17h00: j’ai fini (laborieusement); en plus avec un bic dans la main, pas le droit à l’erreur ni à la rature. Bon, tant pis, je pourrais toujours mettre ça sur le compte du stress (moyenne l’excuse)
On me change de bureau et hop miracle! un interlocuteur! publicité vivante contre la retraite, il a les manières courtoises d’un gentil grand-père. Il m’explique comme à une petite chose fragile comment tout va se passer.
Moi je trépigne, je dois retourner au boulot après pour récupérer des papiers pour ma soutenance et j’espère que mon tuteur sera encore là, mais bon pas moyen de le brusquer..
Cette fois, c’est parti!! Je suis plus stressée, on peut y aller.

Première question: « Quand êtes-vous née et où? « Et voila, il va me faire raconter ma vie. Jusqu’à ce matin pour être précise. Et là, j’ai un putain d’avantage: j’ai un blog moi, je peux parler de n’importe quoi pendant longtemps !! Plus sérieusement, vu que c’est moi qui « mène » l’entretien, j’appuie sur ce que j’ai décidé (pour être le plus raccord avec le poste)

18h15: oh putain déjà!! Fin de l’entretien. Les mots V.I.E et Ile Paradisiaque ont été prononcés max 3 fois chacun,ce n’était pas le propos de cet entretien. « Si l’avis est positif, vous aurez des nouvelles de Grosse Boite pour un entretien là-bas ». Il me raccompagne à la porte, on discute encore 3 minutes et me glisse « je vous conseille de garder votre téléphone allumé la semaine prochaine »

Encore sur le cul (parce que ça m’a mis de très bonne humeur moi cet entretien) je retourne au travail, à la recherche de ma fiche d’évaluation perdue.

18h30: Mon tuteur est encore là, il me demande de venir dans son bureau. Comme l’année dernière, j’ai droit à une évaluation en direct. Je suis d’une zénitude absolue, à rendre jalouse un moine bouddhiste mais craignant le pire.
Et là, engoufrage dans une faille spatio-temporelle: on parle de tout, de mon ressenti du stage, de mes qualités, défauts à corriger de façon extrèmement constructive, de mon rapport et même de Quenottes. Là je me suis un peu lachée en le traitant de gros con arriviste mais bon… dans 15 jours je suis partie et dans le fond, il était d’accord avec mes arguments.
Pour finir, on parle de ce fameux VIE: « c’est vraiment un truc pour toi ça!! » Il veut même envoyer une lettre de recommandation à Grosse Boite si ça peut aider.
Encore sur le cul, j’apprends qu’il me met 19 car  » 20 ça fait pas très crédible » et me souhaite bonne chance et « je veux une standing-ovation lundi après-midi!! » 

20h00: Vaincue par K.O
Décidement, raconter sa vie à des gens c’est très agréable.
Je vais aller me payer un psy moi pour être en continu d’aussi bonne humeur !!

C’est pas le physique qui compte…

Lieu de la scène: une terrasse du très classieux 7ème arrondissement de Paris vers 12h28.
Protagonistes: Mnémo et Miss Namour, téméraires car en terrasse, attendent leurs plats en devisant gaiement, une cigarette dans une main et un verre de rouge dans l’autre.
Motif du rendez-vous: réparer la bourde du cadeau oublié et avoir une vraie conversation de filles (et pour ça toutes les occasions sont bonnes).

Se posent à la table voisine, deux superbes filles.
Très très très jolies vraiment et très très très vulgairement habillées, style Dior intégral (même le string strassé remonté jusqu’au milieu du dos). Elles sont venues pour faire la même chose que nous: manger et blablater.

Les lecteurs assidus d’Auto-moto Magazine auraient eu des complexes face à ces spécialistes. Pourvoir parler pendant 25 minutes exclusivement de BMW, Porsche, intérieur cuir, taille des jantes …ça impressionne la néophyte que je suis.
Savoir que c’est Jean-Yves qui satisfait le mieux la contrainte marque+intérieur+ portefeuille nous a fait une très belle jambe.
Voir arriver le dit Jean-Yves, clone autobronzé de Hervé Villard mais en court sur pattes, avec un jean peint et un ceinturon digne d’une ceinture mondiale type Super-lourds, ça a été le choc.

Impossible de rester sérieuses après ça, je me marre encore toute seule.

Rebiquette et rebelote

Il y a des choses qui peuvent vous ensoleiller une journée comme vous pourrir d’un seul coup vos 3 prochaines semaines. Un exemple parmi d’autres: aller chez le coiffeur.

Alors là, j’entends encore les « oh la vache combien t’as claqué cette fois? », « il était mignon? », « tu te l’es faite? » etc.

J’avais cette fois bien étudié le terrain, regardé les prix, pris rdv en stipulant que j’étais pressée et demandé une fille (non pour le dernier point mais j’aurais pu).

Forcément, j’avais mis un pas dans le salon que le cycle infernal se reproduisait. Je ne comprends pas, il doit y avoir un écriteau sur mon front avec « No limit! Pigeon! » qui clignote.

Je voulais juste une coupe, j’ai eu l’émulsion végétale + soin + psycho de comptoir sur mon alimentation qui se voit sur mes cheveux patati patata + coupe (pas celle que je voulais, comme d’hab)+ finitions+ sérum qui colle les cheveux.
Comme coiffeur, j’ai eu un mix entre le chanteur des Bee Gees et Michou. Il m’aurait fallu un chromosome Y pour que je l’intéresse potentiellement mais il a passé quand même 5 minutes à me mettre l’entrejambe en face des la bouche, juste au cas où peut-être, sans m’adresser la parole (concentré comme un moine bouddhiste en lévitation) mais à grand renforts de « je te tire les cheveux », « je brosse dans un sens puis dans l’autre » et je m’arrête pour aller taper la discut à coté (LE représentant de l’Oréal était bcp plus attractif que la masse informe sur mon crâne)

Dans le métro ma voisine me regardait bizarrement.
En fait, elle sentait un truc bizarre: je ne sais pas trop si c’est l’émulsion végétale qui a fermenté mais j’ai les cheveux qui puent (un mix entre les épices et la terre mouillée)
Bon (mode trouvons le coté positif) j’ai claqué moins de 100€ et j’aurais de la place dans le rer ce soir…

Ego-thérapie

En temps normal, un réveil au milieu de la nuit par une sonnerie de grenouille sous lsd conduit invariablement à plusieurs jurons: pour ma pomme (parce que choisir une sonnerie pareille c’est pas bien malin, et oublier d’éteindre son portable encore moins) comme pour le *pauvre* appelant.

Bon cette fois, à la lecture du message, j’ai eu l’impression de plonger dans un bain chaud tendance huiles essentielles, mousse et tout et tout, et je me suis remise au lit puis rendormie instantanément avec un grand sourire :

« Encore merci les filles pour hier soir, c’était génial! Je vous adore! Qu’est-ce-que je ferais sans vous?
Merci d’être toujours là même quand je m’y attends le moins. Bisous
« 

Bon, mercredi j’ai pas intérêt à réoublier son cadeau, sinon je risque de passer du stade de super-copine à celui de copine honnie…