Archives pourjanvier, 2005

Cheftaine

Le principe du repas gastronomique tournant c’est chouette et facile: 5 personnes, une qui reçoit et un repas gastronomique à la clé. On fait ça en semaine tous les mardis ou mercredis et ça permet de se voir dans un contexte plus qu’agréable.

Quand tu es invité c’est la fête: pieds sous la table (déjà mise), une main sur la fourchette et l’autre sur le verre.
Quand tu reçois (= moi hier) c’est un poil plus compliqué:

  • Première embûche: le menu. Suffisamment raffiné mais faisable quand même, l’option traiteur étant formellement interdite par la fédération internationale des Repas Gastronomique En Semaine Entre Amis.
    Passant la dernière de la première fournée, je dois montrer que je suis à la hauteur ( pas facile de passer après les St-Jacques sauce au cidre, Queues de langoustine à la thai, ou tarte miel-amandines ) tout en ayant moins de choix ( canard? *BIP* déjà fait, crevettes? * BIP*).
    Après tergiversations multiples ouf j’ai trouvé: timbales de saumon fumé et mousse de courgette à la menthe (+ crème citronnée à l’aneth), feuilleté de filet mignon de porc avec sa petite salade au noix, plateau de fromage, tarte tatin, le tout arrosé de medoc 2003.
  • Deuxième challenge: les courses.
    Menu arrété vendredi soir (pour mardi j’étais plus qu’en avance)(étonnant) mais étant absente tout le week-end, j’ai fait mes courses lundi. Et comme lundi je suis à l’autre bout du monde à Bagnoleland, j’ai remercié le Dieu Hypermarché de ne fermer ses disciples qu’à 21h30. Ouf je trouve tout (changer le menu sous la pression c’est source de ratage), passage en caisse, 62 € dont 28 de pinard, passage devant des vitrines et me dire que décidément je n’ai pas le profil à pousser le caddie, retour à la maison
  • Troisième étape: la gestion du temps.
    Demain, étant à Titineland encore je vais forcément arriver à peu près en même temps que mes invités (qui, se déplaçant à Bout-du-Monde restent dormir forcément). En additionnant les temps de cuisson, si je fais tout linéairement on devrait finir de manger vers 3h du mat.
    Je grignote un morceau et hop première session derrière les fourneaux: préparation des apéritifs, de l’entrée, des sauces et garnitures. Première pile de vaisselle, faite à la main et heureuse surprise, on aura au moins quelques bricoles à manger si je me chie sur le reste (étant particulièrement inconsciente j’ai choisi des plats que je n’avais jamais fait, sinon c’est pas drole)
  • Quatrième étape: le soir S.
    Rentrée en voiture depuis Titineland avec un des invités qui travaille pas loin, checkage des 2 autres entre deux opérations de pelage-coupage-pochage-caramelage-enfournage. Tarte quasi cuite quand arrive le dernier, déjà une bouteille de porto et de vin de parties et apéritif bien entamé, servage de l’entrée tout en surveillant la cuisson de la viande, démoulage de la tarte, chopage de deux nouvelles bouteilles, enfin assise, miam pas mal, hop le pain, hummmmm la tarte, oui moi aussi je le sens le vilain coup de barre, blablablablabla, allez au lit.
  • Cinquième étape: la vaisselle. Mais là j’ai un joker: j’ai tout mis au lave vaisselle et ce qui dépassait tournera ce soir.

Bilan: convives satisfaits de mes plats à priori bizarres, (allez très satisfaits même je dis ce que je veux après tout), un pétage de bide en règle et une sérénité retrouvée pour la semaine prochaine.

En même temps, je suis déjà en train de me demander ce que je vais pouvoir faire la prochaine fois…

Sagesse populaire

Bon, si je faisais comme d’habitude, je raconterais ce qui s’est passé ces deux derners jours avec en aspect jour mon nouvau projet dans une usine reconvertie des années 60-70 où il faut un badge pour aller faire pipi (et comme je n’ai pas de badge et une vessie de fille c’est pas facile) et en aspect nuit une soirée Filles devant Delarue et un apéro sortie du boulot combiné à une soirée du CE dans une boîte des Champs avec un buffet alléchant et un bar open. Un peu trop open même.

Je raconterais ma journée d’aujourd’hui, où forcément le décor combiné à 3h de sommeil j’avais l’impression d’être dans Austin Powers.

Je raconterais ma soirée même, mon week-end à Lyon qui se prépare et la méga-grosse teuf d’anniversaire du samedi.

Je passerais pour une infame alcoolo et hop j’aurais forcément un « Bob » dans les commentaires pour ceux qui me connaissent.

Mais bon.

Hier soir la proportion hommes/femmes c’était 80/20 (un peu à l’image de ma boîte en fait).
Une soirée en boîte, à l’oeil en plus, ça regorge forcément de garçons avec un potentiel de reloutitude alcoolique.
Et bien, à part pour me demander du feu une fois nada. Rien.
Pas de prince charmant non plus bien sur. A part des collègues salués, l’impression d’être transparente alors que ma copine ultra-maquée(même école, même boîte donc même soirée) collectionnait les « touches ».

Ce matin, descente du tramway, le bide en vrac au réveil (ainsi que ma gueule en général) je m’arrête acheter un croissant dans un bar près du boulot, cause aucune boulangerie à l’horizon.
9h15 et les trois clients présents sont déjà au rouge. Un bar pmu traditionnel, avec sa grande télé déjà allumée sur une perceuse à percussion en solde sur la 6. Je commande mon croissant, dégaine mes sous que le patron est déjà parti chercher je ne sais quoi. Je scotche littéralement sur l’écran, voir cette blonde avec cette perceuse me fait franchement rigoler. Et hop le patron qui revient et me drague littéralement, coatché en direct par les 3 poivrots, qui « s’ils avaient un peu moins de rides et un peu plus de sang » auraient fait pareil.

Conclusion: on n’a que ce qu’on mérite… mais ça fait quand même à la fois mal et chier

Things never change

On a beau tous avoir des boulots pas mal, pas mal payés et relativement intéressants.
On porte des tailleurs, ils mettent des cravates, on fait des réunions, on envoie (aussi) des mails vraiment pour le boulot.
On a beau avoir un budget bouffe désormais plus que décent et un budget bon alcool ce qui est nouveau.

Mais on ne change pas au fond:
Quatre affreux pour un diner gastronomique, où tout a été fait par les blanches mains du maître de maison (qui m’a même gentiment hébergée cause grosses grêves de train).
Deux magnums de Sancerre.
Une conversation sans fin.
Et du trash.
Encore et toujours.

Bonus track: un joli mal de crâne ce matin.

Mais bon, je veux bien être malade pour ce genre de soirées.

Conseil d’amie

Cher Homo-erectus,

J’aimerais bien te comprendre, si si je t’assure, parce que tu arrives à me plonger dans un abyme de perplexité.

Que viens-tu faire un jeudi soir dans un grand magasin ? Seul, sans copine/femme/petite soeur à conseiller, sans paquets à porter. Dans l’aile Mode féminine. Entre 20h et 22h.

Ne sais-tu pas qu’un grand magasin en période de soldes c’est un repère de femmes stressées, à la limite de l’hystérie qui tueraient père, mère et/ou enfants pour avoir LA dernière paire de mules à 50%?

Ah oui tu sais.

Bien.

Pourquoi alors jouer le coup du « je vous trouve jolie, vous voulez pas qu’on aille boire un verre? »

Elles ont pas l’air occupées à se créper le chignon, tirant chacune sa manche du dernier cardigan lilas, non? Elles n’ont pas l’air concentrées, le regard vissé sur les étiquettes, dégainant la calculette pour faire -40%, -15% et conversion en vieux francs?
Certaines ne sont pas en train de prouver qu’elle n’ont plus toute leur santé mentale en se balladant avec un kiki à manteau ou une valise?

Et toi tu restes là, tu cherches à accrocher des regards avec ton sourire ravageur et ton look de minet friqué. Pourquoi? Aucune idée mais ça m’intrigue. Pourquoi ici? Fétichiste des pulls en V beige? Pourquoi maintenant? Tu cherches une fille qui sait bien gérer la pression et la chaleur? Quel est ton critère de choix? Parce que forcément à un moment tu jaillis et attaques. Tu choisis celle qui a plein de paquets, synonymes de courses quasi-finies, celle qui a les mains vides pour essayer de la détourner ou tu te lances au hasard?

Je ne le saurai jamais.

Après 2h sans RIEN n’avoir trouvé malgré un budget ultra-large, des attentes basiques, des ruses de sioux pour choper les articles et les cabines sans attendre une plombe et une inspection méthodique du magasin, j’étais pas hyper-mega réceptive. Mais assez rusée pour te semer au rayon lingerie.

Tu viens chasser au pire moment, au pire endroit et tu tentes la nana la moins motivée du magasin.
Vraiment pas de bol.

Tu t’obstines.
T’as vraiment du temps à perdre.

Et puisqu’on parle chiffons: le noir et le bleu marine c’est NIET et les chaussettes blanches tu peux te les foutre au cul. Gros beauf!

Rentabilisation maximale

Ca faisait longtemps que je n’avais pas gouté aux joies des problèmes de signalisation, problèmes de personne, problèmes électriques, la SNCF et la RATP s’excusent pour le retard.
Hier soir piqure de rappel, sous forme de tirage de signal d’alarme crétin et incendie dans 2 coins bien éloignés pourtant, et bilan: vraiment ça fait chier!

Lundi:1h15 le matin, 1h30 le soir (=normal) (oui moi aussi ça me fait mal aux fesses de trouver ça « normal » comme temps de trajet)
Mardi: 1h40 le matin et 2h10 le soir
Mercredi: 2h15 le matin et ce soir surprise surprise

La perspective de la grêve généralisée du 19 me file déjà des boutons et je pense que j’ai droit à ma carte des Amis des Transports Franciliens, parce que passer 1/6 de sa journée là-dedans ça fait pas mal.

D’autant plus que j’ai pris eu une remise de peine: je ne vais plus bosser qu’à mi-temps au royaume de Titineland, l’autre-moitié étant consacrée à un autre projet.

Je n’aurais que le nom et le lieu demain.
A vue de nez, avec le bol que je me tape je me verrais bien vers Roissy histoire de faire un triangle équilatéral entre mon chez-moi (mais plus pour longtemps), mon travail n°1 et mon super-nouveau-boulot-n°2 (oui j’ai le droit de rêver)