Archives pouroctobre, 2005

Don’t leave me drive

Heureusement que je vis toute seule parce qu’en ce moment je suis bonne à jeter par la fenêtre, tellement je ferai chier mon cher et tendre à lui raconter mes journées (= horrribles) (oui avec 3 r c’est dire).

Heureusement j’ai eu des soupapes pour laisser exploser ma colère/mauvaise humeur/ ondes négatives que j’emmagasine.

Alors oui, le service commercial Noos, leurs sous-traitants et le responsable commercial ont servi à quelque chose cette semaine (parce que brancher le cable c’était pas trop dans leur domaine de compétence): me lacher.
Vraiment, je peux le dire maintenant (mais peut-être que je devrais pas parce que le geste commercial que j’ai arraché + mon rdvous d’installation samedi prochain risqueraient d’être annulés) MERCI, c’est pas tous les jours qu’on peut injurier pendant 45 minutes 6 personnes différentes après une journée de merde (et surtout se surprendre à employer des mots de + de 4 syllabes sans Putain toutes les deux phrases).

A part ça, je voudrais m’excuser.
Alors, si toi, lecteur (trice), tu étais dans le bus n°57 vendredi matin vers 8h30 et que tu es arrivé en retard au boulot à cause d’une fille qui est tombée dans les pommes et que le conducteur du bus a essayé de réanimer par bouche à bouche (avant de se prendre une claque) je te prie d’accepter mes humbles excuses.
Merci à la petite vieille qui m’a cédé sa place assise, trainée dans la 1ere boulangerie, menacée avec sa canne pour que j’engouffre un croissant et même accompagnée sur le quai du RER.

Bon à part ça faut vraiment que je trouve du temps pour aller voir un toubib: 2 malaises vendredi et 1 ce matin c’est pas trop normal.
Même si les mots « prise de sang » vont être prononcés.

J’avoue

Jusqu’où aller?

Jusqu’où se raconter?

Dans quel sens écrire pour que mon moi-virtuel colle à ma réalité ou plutôt à mon fantasme de réalité?

Aucune idée, j’ai une conception un peu naturaliste du blog.

Et ce, même si je ne suis pas super fière de ce que j’ai fait.

Persuadée d’être au-dessus de « ça », de ne pas en avoir besoin, de pouvoir faire face.
Alors qu’en fait non.
Pas le genre à hurler Girl power, me teindre les cheveux en violet et aller au resto toute seule.
J’ai complètement craqué.
Et je suis pas fière de moi.

Allez, respirer un grand coup, ne pas regarder le clavier et taper d’une traite à toute vitesse.
Trois, quatre.
J’ai acheté
Non j’ose pas.
Trois quatre

Un ma-gni-fi-que caddie pour aller faire mes courses.
Roues « roller » 4×4, toile déperlante, violet profond, bas qui se replie.

Mise en situation samedi, aussi à l’aise que la seule fois où j’ai acheté Star club (et j’avais 13 ans, pas 23)
Yeux rivés au sol pour ne pas que l’on me reconnaisse dans mon Champion, persuadée que le joli garçon au rayon Céréales ne me souriait pas mais se foutait franchement de ma gueule.
Et puis j’ai payé et je suis rentrée chez moi.
Avec très vite un sourire idiot sur les lèvres, slalomant allègrement entre les poteaux, glissant entre les gouttes, le pas alerte, le dos bien droit.

J’ai fait mon cadding-out.

Et personne n’a le droit de me lyncher à coup de caniches abricot et de mi-bas de contention.