Archives pournovembre, 2005

Opération Marchand de sable

Lundi, nouveau tour de piste pour la formation.
9h je suis motivée.
9h30 je déchante: 12 personnes alors que je suis toute seule, ahem ahem ça va pas être facile.
9h35 je tends la joue gauche: elles n’ont aucune envie d’être là, n’ont eu aucune com sur le projet et me le font savoir.
Youhou ça va être trop bien !

Lundi soir, 17h45, fin de la formation. Je retourne dans mon bureau, doit répondre à plein de questions alors que j’ai l’impression d’avoir l’encéphalogramme négatif (oui plus que nul, négatif), je baille de tout mon saoul et 19h je décampe.

19h45 je suis chez moi, jette un coup d’oeil à mon ordi, à mes mails, tape un commentaire, éteinds l’ordi, m’installe confortablement dans mon canapé et regarde les infos.

23h12. J’ouvre un oeil, dans la même position qu’avant- la- fin- du- JT, la télé et la lumière allumées, les yeux collés, me demandant où je suis.
23h13. J’ai du battre le record du monde de la mise en pyjama + éteignage en bloc + course sous la couette + dodo très profond.

Mardi. 7h30. Premier réveil.
8h. Deuxième réveil. Même punition: je décale la sonnerie.
8h30. Troisième réveil. Bon, là faut vraiment que je me bouge. Mais entre le « il faut » et le « je fais » il y a un gouffre.
Et c’est donc avec mes yeux de chinoise, vraiment à la bourre que je me suis pointée au boulot.

En même temps, vu que la formation n’a pas lieu aujourd’hui je n’ai pas grand chose à faire. Alors je baille, rebaille, rerebaille, m’ennuie, chouine dans mon coin, et puis à 18h, alleluia je pars.

20h18. Je finis cette note en baillant de toutes mes forces.
Demain la formation reprend. En théorie je la faisais avec Brenda mais bon, en bonne salope arriviste égoiste elle a réussi à se défiler.
Je ne sais même pas si je vais pouvoir me réveiller.

Visiblement j’ai trouvé le bouton « Sommeil ».
Ahem, comment j’ai fait déjà?

NB spécial pour Shangri-la: en plus demain soir je vois Beau brun, si je m’endors dans mon assiette ce sera pas très glamour…

J’ai vieilli je crois

D’abord, ça a été des poupées.
Puis très vite des livres.
Une bicyclette aussi.
Et des livres avec uniquement des lettres, de plus en plus petites.
Ensuite ça a été l’entrée au collège avec le walkman, la chaîne hifi, les Airmax et d’autres livres.
Le lycée je n’ai pas de souvenirs marquants, (oui bouhhh c’est mal), surement des fringues et des livres.
Prépa: fringues, bijoux et bougies zen.
Ecole: ordinateur, 2ème déménagement, premier appart, des cadeaux fonctionnels et… des livres.
L’année dernière: ipod, manteau et … livres.

Cette année j’ai (encore) été super gatée mais je me pose des questions: des cadres (mes aquarelles de Mongolie superbement encadrées), des petits tableaux, des livres, de quoi m’acheter bientôt le sac qui me fait baver et … une boîte à outils de compet’

Manque plus que la visseuse électrique et le string en lycra et je pourrai faire la Bricol girl

A faire circuler

Génération précaire
Jeudi 24 novembre, grève des stagiaires

Je fais partie des 50% de diplomés minimum bac+4 qui ont fait 3 stages au cours de leur scolarité.

J’ai bossé un mois un été dans le service livraison d’un grand magasin. OK le mois d’aout c’est pas Noël. Mais bon, 8h par jour à faire/défaire/transporter des cartons dans un sous-sol entourée de jeunes en job d’été, qui en plus touchent une prime sur leur SMIC à cause des conditions de travail difficile, t’as un peu les boules d’être obligée de faire un « stage ouvrier » pour pouvoir valider ton année.
Le pire, c’est qu’à la fin du mois j’aurais embrassé ma grosse vache de responsable sadique quand elle m’a tendu un chèque de 110€ « parce que j’avais super bien travaillé ».
Ah oui: pas le droit à un quelconque remboursement de carte orange (même en partie) car dixit le mec des rh: » je ne fais pas partie de l’entreprise » et même pas d’accès à la cantine. A l’époque j’habitais en zone 5 donc mon « salaire » ne couvrait en fait que ma carte orange. Youpi.

J’ai fait un deuxième stage de 3 mois dans une grosse boîte de la région lyonnaise et le but de mon stage était d’assister mon tuteur pour en autre mettre en place une démarche qualité visant à mieux gérer les contrats. J’ai passé des jours entiers à faire de la route pour aller dans les différentes agences (en pleine canicule sans avoir la clim) le premier mois et après bah… j’avais vite fini mon sujet plus tôt. Alors bon, »comme j’étais là », j’ai remis à jour toute leur base gros clients, j’ai pondu tous les rapports pour la Direction générale, programmé un peu en vb (j’avais jamais fait « c’était l’occasion ») optimisé leurs bases de données, refondu leur PAQ, aidé Pierre, Paul et Jacques à faire leurs appels d’offres, ouvert un blog, couché avec mon tuteur etc.
Bon, comme je n’étais pas de l’entreprise pas droit aux tickets resto, que dalle, et quand mon tuteur faisait des notes de frais en déplacement (de Macon à Montelimar) il devait tricher pour me compter aussi. Par contre, j’avais droit aux réunions super tard (visiblement j’étais aussi supra qualifiée pour jouer la secrétaire déjà partie elle) et aux journées 7h30-21h sans aucune compensation (et là je parle pas de me faire prendre sur le bureau).
En plus, de quoi je me plains, j’étais payée 272 € soit la moitié de mon loyer.

J’ai fait un dernier stage de 6 mois dans le milieu de la finance à Paris.
Mes collègues payaient l’ISF et moi j’étais royalement payée 1000€ par mois (oui je sais c’est énorme). Le boulot était assez intéressant et j’étais officiellement « Assistante de chargé d’affaire ».
En fait ils voulaient un profil comme le mien parce qu’à coté de la finance il avaient un progiciel en cours de développement. Alors j’ai fait 20% de finance et 80% du boulot d’un chef de projet informatique coté client: livraison des montées de version, négociation des délais,évolutions, pilotage de la maintenance, devis, signature des devis, présentation de l’outil aux autres départements etc.
C’était un *vrai* boulot mais ça faisait 2 ans que le poste en CDI avait été transformé en stage pour faire des économies.

Après je vais pas me plaindre mes parents pouvaient m’assumer et j’ai ensuite trouvé un bon boulot.
Mais bon, j’en connais qui s’inscrivent à la fac uniquement pour avoir droit aux conventions de stage car « c’est tout ce qu’on peut vous proposer ».
Stagiaire = travailleur précaire, corvéable à merci (parce que la validation de ton année c’est suffisamment important pour que certains en profitent), ayant rayé le mot « non » de son vocabulaire, ne se plaignant jamais parce que  » des comme toi je peux en trouver 10 demain si je veux », compétent et motivé pour toucher moins que le RMI.
C’est une aberration que rien ne soit prévu dans le Code du Travail.
Si grâce à cette initiative ça change ce sera énorme.
Allez faire un tour sur leur site.

+1

Ce matin j’ai pris deux rides au coin des yeux, tapé mon petit orteil dans le vilain coin de la table basse en allant décrocher mon téléphone à 5h12 du matin, souri à la lecture du message, pensé un « mais comment elle a pu s’en souvenir? » et recouru vers mon lit pour m’accorder une dernière demie-heure de cauchemards où les gens me courraient après en hurlant « madame ».
Ce matin j’ai été à pied à la gare, emmitoufflée avec le sourire et la clope au bec, je me suis arrêtée pour acheter des croissants et des pains au chocolat et j’ai fait une arrivée en fanfare dans le bureau (= j’ai failli me péter la gueule en glissant sur un truc près de la porte).
Ce matin j’ai reçu des sms assez improbables, certains envoyés à des putains de milliers de km, des mails kitch, mignons et j’espère sincères, des coups de fil de la famille (enfin de la partie de la famille que j’aime) et qui sait ce qui m’attend peut-être dans ma boîte aux lettres.
J’ai l’impression d’avoir soufflé mes 18 bougies avant-hier.
Cette année le gateau en comptera 24.
Mais tout reste possible.

Fin

 » Ahan Mnémo comment je t’ai cassée!!  » (plus geste)

Merci Coco ma cousine de 7 ans et future Bricette de Paris.

A part ça? J’ai lu des histoires, mouru victime d’un vilain coup de sabre laser (mon cousin est un fourbe), fait plein de calins, mangé des chocolats, joué au jeu du « mais où elle est cette pu oups zutzut de moufle!! » dans la manche de la grosse doudoune, revu Cendrillon (mais en version remasterisée) (verdict des cobayes spécialistes: « ouais bof c’est comme la K7 en fait! »), enfin même pas en entier parce que Pirates des Caraïbes c’est mieux, essuyé des larmes (et oui, le carrelage quand on tombe dessus ça peut faire mal), recombattu contre un Luke de 9 ans, utilisé ,même si j’étais pas dans l’enceinte de l’école je m’en fous je suis grande moa, la magie pour m’en sortir (mourir une fois oui mais deux pfiouu non merci), bu du café de compet’ (= café avec mignardises), récupéré quelques affaires (du genre moon boots, gilet en lapin et chapka) (y a que moi qui suis gelée en ce moment?), profité de ma tante et de mes parents, pas vu l’après-midi passé, fait profiter tout le wagon du rer de Tomtom et Nana (avec un cousin sur chaque cuisse), couru chez moi dans ce froid, attendu seulement 15 minutes M. Je-dois- me-faire -pardonner qui s’est pointé avec un repas japonais tout fait, ri comme une idiote, tiré la langue, été triste qu’il soit déjà 23h45, pris une douche, essayé de dormir, capitulé et lancé mon somnifère préféré: les redifs d’Hélène et les Garçons (ou Miracle de l’Amour ça change sans arrêt) sur Filles TV.

Comme quoi, un dimanche peut largement compenser un samedi pourri.