Paris je t’aime

Paris je t’aime c’est 18 courts métrages qui ont lieu à et avec Paris.

Pour profiter de ces 2h de mélo évitez l’UGC des Gobelins qui concentre à lui seul tous les spécimens de la famille Gros-cons-au-cinéma: le petit couple qui téléphone pendant les pubs et envoie des textos pendant le film, les trentenaires qui ont décrété qu’ils seraient assis au 6ème rang presque au mileu et qui font décaler tout le monde (alors que la salle est quasi-vide) pour pouvoir se galocher bruyamment juste à ma gauche (oui c’est toujours moi la pauvre pomme qui doit se décaler), la voisine de droite qui s’est visiblement trompée de film, qui s’ennuie, passe son temps à soupirer et me colle sa montre qui fait tictic dans l’oreille, les mangeurs de pop-corn bouche ouverte, les gens de derrière qui parlent pendant le film (je leur ai demandé de la fermer, ils ont continué à chuchotter en allemand et j’étais pas mécontente de sortir un petit « Entschuldigung könnten Sie bitte Ihre Schlampe fragen, seine Fresse zu halten? Danke sehr » )
Bref.
Paris je t’aime certes mais pas à l’UGC des Gobelins.

En même temps, Paris je t’aime oui, mais pas dans une salle à Paris, parce qu’à chaque plan chacun guette où ça peut être et se croit super malin de le répéter à son voisin.
Est-ce que je me la raconte parce qu’on voit ma rue, ma pharmacie et le cabinet médical de ma généraliste? Non. Alors reconnaître le Sacré Coeur c’est bon, ça mérite pas une médaille.

En même temps, hors de Paris ça doit être pareil.
Je me demande si c’est pas pire même, vu que ceux qui reconnaissent sont moins nombreux.
Soit ils étalent leur science, soit ceux qui ne reconnaissent pas mais qui constatent que le voisin connaît (désolée, je sens que je suis dure à suivre) leur demandent et ceux qui savent en rajoutent une couche.

Bref.
Je suis un peu énervée parce qu’on m’a gaché le film.
18 histoires.
Certaines sans aucun intérêt, malgré le cadre exceptionnel.
Et d’autres qu’on n’a pas envie de voir s’arrêter.
Boule dans le ventre pour ce qu’on voit à l’écran.
Boule dans le ventre pour la superposition dans le même cadre de la fiction avec ma réalité, mes souvenirs, mes histoires.

Générique.
Rentrer à pied.
21h40, au mois de juin, descendre vers la Seine avec le jour qui tombe doucement.
Paris je t’aime !

Et pas seulement parce que le Monop ferme à 22h!

12 Commentaires

  1. doc:

    « Pourriez demander à l’excuse, s’il vous plaît, votre cochonne tenir sa gueule ? Merci beaucoup. » Dis donc, t’es super belliqueuse, toi. Ils ont réagi comment ?

  2. Arkady:

    ^^, « Excusez moi, pourriez vous demander à votre « petasse » de fermer sa gueule ? En vous remerciant »

    Sans la formule de politesse, cela aurait fait grossier mais là… :o ))))

  3. Eulalie:

    « Excuses vous pourriez demander s’il vous plaît vos Schlampe que sa mange tenir ? Merci beaucoup « .
    Parce qu’en plus leurs Schlampe mangeaient salement ?! Pfff, ils ne savent pas se tenir, les allemands.

  4. Hobiecat:

    Belle démonstration de la langue de Goethe.

    Sinon, pour profiter des films, il y a un truc imparable : se mettre au premier rang. D’accord, on en prend plein les yeux, plein les oreilles, et plein le …cou, MAIS on a l’immense avantage de pouvoir étaler ses jambes et de pas avoir les genoux qui grattent le menton. Etonnant, non ? ;-)

  5. dpc:

    Excuser pour la dérange mais moi, à chaque fois qu’on me dit schlampe, ça me rappelle la phrase de Gœthe :
    « Ich heiße Super Fantastisch, Ich trinke Schampus mit Lachsfisch. (x3) »
    À part ça, rien.

  6. Mnémo:

    Ach, das ist so wundershön de constater que la langue d’Einstein est encore parlée avec brio auf der anderen Rheinseite… j’en suis toute émue.
    Pour mes allemands bavards, j’ai gentiment demandé le silence avant de sortir la première insulte en allemand qui m’est passée par la tête (parce que les insultes je pratique pas au quotidien). Et cette fois ça a marché.
    Pour le ciné au 1er rang, Hobiecat, vraiment j’ai du mal (et niveau place pour les jambes certains cinés sont très très bien, l’ UGC Normandie des Champs par exemple)
    DPC je croyais que c’était fini ta fixette sur Franz :)

  7. Portix:

    Dans le genre les cinés des Champs étaient pas mal lors de la fête du cinéma. Comme c’est pas cher, pourquoi ne pas aller au ciné pour se moquer du film, rire, chanter, etc…? Grrr… 2 films là-bas, deux films gâchés, beau score!

    Dans le XIIIeme je recommande plutôt le MK2 bibliothèque, bien plus policé ;)

  8. Eulalie:

    Oh dis donc ça vient de me revenir. (Oui, plus de deux jours que je réflêchis à ton allemand.)
    Notre prof nous hurlait « KLAPET ZU !! » à longueur de temps en 4ème. C’est plus court que ta formule, et un peu familier aussi, peut-être à retenir :) . Ou pas. Personne n’oblige. Juste que je suis super fiérotte d’avoir retrouvé ça entre le shampooing et le gommage.

  9. Moune:

    Je n’y connais pas grand chose à l’allemand, mais je plussoie pour Paris je t’aime: j’ai adoré. Et, curieux de voir si les mêmes phénomènes se répétaient loin de Paris, j’en ai profité pour observé les gens. Ca n’a pas loupé: « mais c’est où ça? » « ah la tombe de Wilde, je la reconnais! » « eh, c’est pas la rue de tel truc, ça? »

    Ma misanthropie s’est vue renforcée, et me voilà prêt à militer pour les salles de ciné individuelles…

  10. dpc:

    « Klapet zu » ? C’est une contraction de « Ferm dein Klapet »
    Nous en cours de grec la prof nous avait appris des insultes en grec ancien parce qu’elle en avait marre qu’on parle comme des charretiers au fond de la salle (j’ai eu une enfance rebelle).
    En fait je me demande si Aristote était punk.
    (Et non, je n’ai pas fini ma fixette. Ich heiß superfantastisch.)

  11. Eulalie:

    (C’est pas Ich heiße superfantastisch ?)

  12. lea:

    je suis tout confuse mais il me semble que il ya une petite faute (so kleine aber wichtig) : ihre fresse zu halten. oui la schlampe etant au feminin… ces couillons dallemand vont tout chambouler. ach! ca nenleve en rien au charme de cette jolie phrase bien idiomatique.

Laisser un commentaire