Archives pournovembre, 2006

Courrier des lecteurs

De: M.E < gentil_lecteur@boitemail.com >
À: mnemo@volasi.net
Objet: pas mal!

Salut,
Je suis tombé par hasard sur ton blog (en faisant une recherche sur la sexualité des baleines…) et j’ai beaucoup aimé.
Je voulais donc te le dire, c’est assez sympa…meme si je n’ai toujours pas trouvé de réponses à ma recherche..
Bonne continuation!!

Merci pour le fou rire gentil lecteur !
Dans cette semaine pourrave où les insultes ad hominem volent par mail, j’avoue, j’en avais bien besoin.

Et il faisait beau en descendant du train

Je suis vraiment une sale gamine de merde.
J’ai passé un super week-end, beaucoup trop court, à courir partout.
Pourrie, gatée, calinée.

En plus, le côté positif c’est que l’anniversaire, la Ste Catherine et la fête ça c’est bon, c’est passé.

Pensée positive (suite)

Arrêter d’écouter Portishead, ce soir en particulier, ou tu vas finir par t’ouvrir les veines.

Réveillée ce matin par un texto, puis par mon put*** de réveil, une boîte de macarons livrée par mes collègues de Paris, un coup de fil de ma moman sur la route, arrivée au boulot où je dois mentir (merci mon gentil chef qui a m’a rajouté un an) sur mon age réel (les boules, surtout quand j’entends les « non arrête! ok 25 ans c’est un choc mais 26 c’est de la gnognotte à coté »), coup de fil du fleuriste (!) qui attend devant chez moi (merci mon ex) (je crois que c’est le seul moyen qu’il a trouvé pour que je ne puisse pas, bonne éducation aidant, lui envoyer un mail plutôt que de l’appeler), popa à Londres où il fait super beau (injustice!), la journée qui passe et mon exaspération qui monte – respirer, souffler, garder de l’influx nerveux pour ma conf-call de demain où je vais les allumer devant témoins un par un- la pluie, toujours cette putain de pluie bretonne qui est en train de me rendre malade, le retour à l’hotel et la bataille pour se garer, la flemme de resortir, enfin surtout le manque total de volonté devant la solution du « va manger toute seule au resto pour ton anniversaire », le chauffage à rallumer dans la chambre, l’incongruité de la situation, le cerveau fatigué d’avance par ce qui va se tramer, les pourquoi? les comment? les et si? dans tous les sens, ce putain de bilan à charge de circonstance, le fameux cap des 25 ans et son ridicule chapeau jaune et vert, les comparaisons stupides avec les chanceuses (?) qui ont tout (?), qui ont fait(?) quelque chose(?), le qu’est-ce-que je fous là, le qu’est-ce-que je fous tout court, puis l’inévitable qu’est-ce que je vais faire, ça s’entremêle et ça repart, je suis fatiguée et j’ai froid, je vais peut-être arrêter cette phrase beaucoup trop longue ici, et puis non, le plateau qui monte, son coup de fil dans la foulée, le coup d’oeil inquisiteur, pas de ride visible, enfin je crois, tourner en rond sur la moquette, commencer à ranger ma valise, et puis non, relancer Portishead et ma prise de tête sans fin, j’ai l’impression d’être sous coke, je lance la machine à fabriquer des idées à Mach 1, en fait non elle se lance toute seule et refuse de ralentir, si ça continue je vais me mettre à faire des listes avant de sauter par la fenêtre, respirer, penser à autre chose, se dire qu’il aurait fallu pas grand chose pour avoir de *vraies* raisons de déprimer, que demain je rentre, que ça commence à bien faire, qu’il faudrait que je grandisse un peu, que je ne mélange pas tout et que j’aille me coucher.
Vite.
Demain est un autre jour.

Résumé: j’ai 25 ans depuis midi; pour l’instant je le vis pas bien.

Pensée positive

L’avantage d’arriver à 8h10 au boulot? Mise à part le lever de soleil sur la route quasi-déserte dans un camaieu d’ocre?

Envoyer son premier mail d’insulte de la journée à 8h20.

Non non, tout va bien se passer, ne pas craquer maintenant, penser très fort à vendredi…

Caution culturelle

Comment passer à peu de frais pour une jeune fille cultivée et bien élevée?

1. Louer une maison en Sologne en bordure de forêt avec 6 chambres, des canapés lits et une piscine couverte chauffée de 50m2
2. Ne pas se morfondre en constatant que la piscine est plus grande que votre appartement à Paris.
3. Mettre dans la maison des gens motivés, moultes victuailles, de nombreuses bouteilles de vin locales et quelques préparations maison.
4. Agiter quelques instants dans la piscine, faire péter le water-polo, les bouteilles de champagne, les concours de frites et les concours d’apnée involontaires.
5. Se coucher à 7h30 du matin, enchaîner au réveil sur une visite de cave.

A ce stade, si vous racontez votre week-end à vos collègues vous passerez pour une horrible nana dépravée.

Pour éviter cette dramatique étiquette, sortez de votre manche LA carte culturelle qui vous permettra de briller en société: la visite du chateau de Chenonceaux et de son parc le samedi après-midi.
C’est magique: plus de questions « mais pourquoi en Sologne? » (parce que la piscine), « mais vous avez rien visité? » (parce que la piscine), « pourquoi t’as l’air toute crevée? » (parce que la piscine) prennent soudain une autre dimension, et le récit de la chambre de Louise de Lorraine, première reine authentiquement gothique avec sa chambre noire permettra de noyer définitivement le poisson.
(pas la peine néanmoins d’enchaîner sur le vol des noix dans la cuisine ou des photos punk dans la galerie du chateau)

C’est dur, c’est fort, ça brille, c’est gagné!