Archives pourdécembre, 2006

Lecture globale

Rue Descartes, Paris, samedi 11h25

michel: Ah tiens, pourquoi ils ont mis un P majuscule à « sirop » sur ce drapeau?
michel: Et pourquoi ils l’ont mis à l’envers ?
< blanc >
michel: merde, c’est « Paris » et pas « sirop ».

Dramatique preuve de « je suis fatigué ».
(et je poste maintenant parce que sinon la censure va frapper)

Vendredi soir

Après une semaine merdique – pas la peine de rentrer dans les détails- j’arrive à partir plus tôt et choper le train de 17h35 en gare de Rennes.
Coup depasdbol il n’est pas direct et arrive donc à 5 min près en même temps que le train de 18H05 que je prends d’habitude.
Bref.
En gare du Mans, monte une bande d’adolecents. Je ne comprends pas trop ce qui se passe (je suis en train de me fighter avec un boss de Mario) mais j’ai l’impression qu’ils ont eu le train à l’arrach et que le contrôleur leur a demandé de laisser leurs gros sacs où ils sont montés (voiture 2) et de les récupérer à l’arrivée du train.

20h10 arrivée à Paris Montparnasse, la joyeuse bande d’adolescents se mêle aux voyageurs de ma voiture en file pour descendre du train.
Mlle X doit avoir 14 ans, une poussée d’hormones, le besoin de prouver ou se prouver des trucs, que sais-je de plus.
Elle se lance dans un monologue poignant contre les gens de « Premièèèèèèère claaaaaaasse » qui l’empêchent d’aller récupérer son sac puis contre ces « salauds de contrôleurs » qui les ont forcés à laisser leurs bagages à dache.
Encouragée par ses camarades elle se lache un peu plus et sort le définitif:  » De toute façon les contrôleurs de la sncf ce sont tous des enculés. C’est pas un mythe c’est une réalité ».

Le mec devant elle se retourne et lui assène tranquillement: « non ce n’est pas une réalité c’est une insulte à agent et je vais vous verbaliser tout de suite ».
Pas de chance c’était le contrôleur du train.

Bon, c’est pas bien mais j’étais morte de rire et les deux militaires (graouuuu) à coté de moi aussi.
Vraiment le seul intérêt de ce train qui justifierait la course dans Rennes, la course au guichet qui- est- plus- dans- la- gare- mais- dans- un algeco- dehors pour échanger mon billet et le récit survolté des manoeuvres avec X, Y et Z de mes voisins militaires.

Lundi matin

Ca faisait longtemps qu’il ne m’était rien arrivé de bizarre, le genre « oh putain mais pourquoi je suis toute seule personne ne me croira jamais ».

La nuit avait pourtant bien commencé, un métro « raté », une nuit à deux et le sourire le matin quand le réveil s’est mis à sonner à 5h30.

6h30 devant l’immeuble, attente du taxi commandé la veille, je fais une provision de baisers pour la semaine.
6h32 « je peux profiter de ton taxi pour gagner du temps en rentrant chez moi? » youhouuu caaaaalin.
6h35 ah il est peut-être bloqué par les éboueurs à l’autre bout de la rue. Bon, tant pis, caaaaalin.
6h40 hum hum je vais rater mon train.
6h41 Appel au standard, attente, musique insupportable, toujours pas de taxi en vue, voix de crécelle, « j’appelle le chauffeur », musique, « le chauffeur viendra pas il a eu un accrochage avec un camion », cri de désespoir, voix automatique, « un taxi se présentera dans 7 à 8 minutes », raccrochage et profond dépit.
6h55 le taxi se pointe. On saute dedans même si pour le train c’est foutu.
Et avec les travaux, « je vous le dis ma petite dame il faut partir plus tôt » * connard! ça se passe bien d’habitude!*, le 91 qui décide de s’arrêter partout et longtemps je me demande limite si je vais pas rater le train d’après…

7h05 proximité de Denfert, on est bloqués d’un coup par un amas de voitures et de messieurs de 2m de haut, tout en noir avec le seyant gilet pare-balles assorti et la cagoule intégrale. Honnêtement à 7h du mat le cerveau n’est pas prêt pour ce genre de situation, même en Corse je pense (pas taper! pas taper!).
En plus il a l’air vraiment pas content.
Le chauffeur de taxi a l’air tellement flippé que si le grand ninja lui demandait de jouer à jacadi il serait sorti en miaulant de sa voiture.
Au point où on en est, manquerait plus qu’on crève ou que le métro aérien nous tombe dessus.

7h10 gare montparnasse, échange de billet, le train de 7h35 n’a toujours pas de quai attitré, ça sent le retard, pffff, se blottir contre lui, profiter des dernières minutes, jouer avec son écharpe, sourire comme une cruche, attendre le dernier moment, sauter dans le train, chouette c’est un tout nouveau, se poser à sa place, fermer les yeux, rêver.