Archives pour Inside

Nuits blanches

Une rupture est toujours douloureuse, au moins permet-elle de sauvegarder l’essentiel : conserver l’estime de l’autre, éviter le pourrissement dû à l’exaspération, raviver le désir qu’on éprouve pour le monde.
Roland Topor

Alors oui on peut parler de gâchis, pour en arriver là après (presque) 2 ans.
Alors oui le destin est ironique (rompre dans le café où tout avait commencé, niveau symbole ce n’est pas anodin).
Alors oui le moment est pénible, (pour moi aussi), et la prochaine rencontre « tes affaires qui sont chez moi » ne sera pas forcément détendue.

Mais c’est comme ça.

Et il va falloir aller de l’avant.

Et il faisait beau en descendant du train

Je suis vraiment une sale gamine de merde.
J’ai passé un super week-end, beaucoup trop court, à courir partout.
Pourrie, gatée, calinée.

En plus, le côté positif c’est que l’anniversaire, la Ste Catherine et la fête ça c’est bon, c’est passé.

Pensée positive (suite)

Arrêter d’écouter Portishead, ce soir en particulier, ou tu vas finir par t’ouvrir les veines.

Réveillée ce matin par un texto, puis par mon put*** de réveil, une boîte de macarons livrée par mes collègues de Paris, un coup de fil de ma moman sur la route, arrivée au boulot où je dois mentir (merci mon gentil chef qui a m’a rajouté un an) sur mon age réel (les boules, surtout quand j’entends les « non arrête! ok 25 ans c’est un choc mais 26 c’est de la gnognotte à coté »), coup de fil du fleuriste (!) qui attend devant chez moi (merci mon ex) (je crois que c’est le seul moyen qu’il a trouvé pour que je ne puisse pas, bonne éducation aidant, lui envoyer un mail plutôt que de l’appeler), popa à Londres où il fait super beau (injustice!), la journée qui passe et mon exaspération qui monte – respirer, souffler, garder de l’influx nerveux pour ma conf-call de demain où je vais les allumer devant témoins un par un- la pluie, toujours cette putain de pluie bretonne qui est en train de me rendre malade, le retour à l’hotel et la bataille pour se garer, la flemme de resortir, enfin surtout le manque total de volonté devant la solution du « va manger toute seule au resto pour ton anniversaire », le chauffage à rallumer dans la chambre, l’incongruité de la situation, le cerveau fatigué d’avance par ce qui va se tramer, les pourquoi? les comment? les et si? dans tous les sens, ce putain de bilan à charge de circonstance, le fameux cap des 25 ans et son ridicule chapeau jaune et vert, les comparaisons stupides avec les chanceuses (?) qui ont tout (?), qui ont fait(?) quelque chose(?), le qu’est-ce-que je fous là, le qu’est-ce-que je fous tout court, puis l’inévitable qu’est-ce que je vais faire, ça s’entremêle et ça repart, je suis fatiguée et j’ai froid, je vais peut-être arrêter cette phrase beaucoup trop longue ici, et puis non, le plateau qui monte, son coup de fil dans la foulée, le coup d’oeil inquisiteur, pas de ride visible, enfin je crois, tourner en rond sur la moquette, commencer à ranger ma valise, et puis non, relancer Portishead et ma prise de tête sans fin, j’ai l’impression d’être sous coke, je lance la machine à fabriquer des idées à Mach 1, en fait non elle se lance toute seule et refuse de ralentir, si ça continue je vais me mettre à faire des listes avant de sauter par la fenêtre, respirer, penser à autre chose, se dire qu’il aurait fallu pas grand chose pour avoir de *vraies* raisons de déprimer, que demain je rentre, que ça commence à bien faire, qu’il faudrait que je grandisse un peu, que je ne mélange pas tout et que j’aille me coucher.
Vite.
Demain est un autre jour.

Résumé: j’ai 25 ans depuis midi; pour l’instant je le vis pas bien.

Pilotage automatique

Sentiment d’urgence quand le réveil sonne à 5h30.
Puis tout qui se relache assise dans le taxi qui glisse jusqu’à Montparnasse.
Au volant de mon bolide de la semaine, je boucle la dernière partie du trajet sur une route quasi-déserte.
Les yeux bien fixés sur la route, les neurones disponibles perdus bien loin.
Au creux de son oreille,
Lovés contre son tshirt rouge,
Sautant sur un tapis roulant,
Perdus derrière ses cils…

Lacher prise.

Déclencheur

Parfois il suffit de pas grand chose (= une conversation de filles) pour savoir qu’on ne peut pas continuer à se mentir.
Ce n’était pas mon type de mec, je n’étais pas amoureuse de lui et un mois plus tard bah ça n’a pas changé: je l’aime beaucoup, je l’aime bien mais je ne l’aime pas.
De son coté c’est projets à la pelle, ma chérie, allers-retours depuis la suisse pour qu’on passe une soirée dans la semaine ensemble etc.
Aie.
Aie aie aie

Maintenant que je suis vraiment décidée, reste à trouver le bon moment pour l’horrible conversation de la mort-qui-tue:

  • jeudi à minuit à sa descente de train, après 48h de boulot quasi non stop
  • vendredi soir avant qu’il me présente à tous ses potes
  • samedi au resto en tête à tête où on fêtera son anniversaire

Aie aie aie.
Ca va pas être facile…